Cameroun : 162 Mbororos tués par les séparatistes

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C’est ce que révèlent des chiffres non officiels que des groupes Mbororos ont envoyés à Amnesty International.

Les régions anglophones du Cameroun à savoir le Sud-Ouest et le Nord-Ouest, représentent environ 20 % de la population du pays. Faute de données officielles émanant des autorités, depuis 2017, on a enregistré 162 Mbororos tués. Environ 300 habitations incendiées. 2.500 têtes de bétail tuées ou capturées. 102 personnes enlevées, donnant lieu au versement de presque 270.000 euros de rançon. Un chef traditionnel mbororo dans l’arrondissement de Nwa a déclaré à Amnesty International : « Les séparatistes armés sont venus m’attaquer à six reprises. Ils ont détruit mon campement, incendié les maisons de mon frère. Sept personnes ont été tuées dans mon campement. Ils les ont regroupées dans une maison, ont tout fermé et ont mis le feu. »

D’après les témoignages, les documents et les images satellite examinés par Amnesty International, les séparatistes armés ont attaqué une communauté mbororo dans la localité de Mbem le 16 février 2020. Quatre membres d’une même famille, âgés de 15 à 80 ans, ont été tués, et trois autres blessés, dont deux femmes âgées qui ont essuyé des tirs de rafales et ont été touchées au front, dans les jambes et les cuisses. Les assaillants ont également mis le feu à 30 maisons et à la mosquée, et pillé des biens, dont des motos. Une victime et témoin dont l’identité a été vérifiée par Amnesty International, a déclaré : « Nous sortions de la mosquée après la prière, lorsque des séparatistes armés sont arrivés, circulant sur trois motos, et nous ont attaqués. Ils ont incendié toutes nos maisons. 200 personnes ne savaient plus où dormir car leur habitation avait été réduite en cendres. »

Dans la nuit du 30 au 31 mai 2019, une centaine séparatistes armés de fusils et de couteaux ont attaqué le camp de réinstallation d’Upkwa, près du lac Nyos, incendiant des dizaines d’habitations mbororos et massacrant du bétail. En octobre 2019, les chercheurs d’Amnesty International ont rencontré deux personnes, dont une travaillait comme chauffeur de moto-taxi, qui a déclaré : « Les groupes armés me cherchaient parce que je suis chauffeur de moto-taxi et ils pensent que nous sommes des informateurs de l’armée. Ils nous ont dit de retourner d’où nous venions. »

A en croire Amnesty International, les leaders séparatistes et des intervenants sur les médias qu’ils dirigent, s’en sont également pris aux communautés Mbororos dans des discours agressifs diffusés en ligne. Certains de ces discours pourraient constituer une incitation à la discrimination, à l’hostilité ou à la violence, au titre de l’article 20 du Pacte International Relatif aux Droits Civils et Politiques (PIDCP). Les appels à la haine se sont multipliés après le massacre de Ngarbuh en février 2020.

Le 19 février 2020, une chaîne de télévision sur Internet appartenant à un groupe séparatiste anglophone a relayé l’appel d’un intervenant, qui a déclaré : « Ces gens [les Mbororos] sont des immigrants et il semble que leur temps soit révolu […] Plus tôt ils partiront, mieux ce sera […] Ou ils paieront le prix comme tout autre citoyen de La République qui habite le Cameroun méridional […] Tous autant qu’ils sont, s’ils ne veulent pas partir, ils mourront. »

 

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