Tunisie : Souhayr Belhassen dénonce la marche vers la dictature

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Elle est intervenue sur Radio France International (RFI) ce 27 juillet 2021, par rapport à la situation qui prévaut dans son pays.  

« Pour moi, c’est réellement un coup d’Etat, non pas médical, comme celui de Ben Ali, mais c’est un coup d’Etat contre la Constitution. Et comme vous savez, les Tunisiens sont très constitutionnalistes et très attachés à l’esprit de la Constitution depuis toujours. Or, la Constitution de la Deuxième République, adoptée en 2014, limitait ses pouvoirs [parlant du président Kaïs Saïed], et donc il s’est trouvé à l’étroit et on ne pensait pas qu’il puisse faire ce coup d’Etat, qu’il allait procéder à ce changement brutal, à cette prise de pouvoir total et absolu, » affirme Souhayr Belhassen.

De l’avis de la militante des Droits de l’Homme, la décision de Kaïs Saïed est approuvée en grande partie par les Tunisiens. « Ce n’est plus la République que nous avons établie en 2014, mais vraiment la marche vers la dictature, parce que la concentration de tous les pouvoirs entre les mains d’un seul, c’est quelque chose que l’on ne veut absolument plus vivre en Tunisie, » souligne Belhassen. Pour elle, le Président Kaïs Saïed a fait une interprétation très personnelle de l’article 80, parce que l’article 80 stipule que le Parlement est en séance permanente.

Kaïs Saïed a gelé l’activité du Parlement. ‘’C’est un détournement de texte’’, explique l’ancienne Présidente de la FIDH. La Cour Constitutionnelle représentait un danger pour le chef de l’Etat tunisien. La Cour Constitutionnelle pouvait encore plus limiter ses pouvoirs et le remettre à sa place. Le numéro un tunisien  a toujours refusé de répondre à cette revendication. Souhayr Belhassen pense que la situation ne peut pas dégénérer tout de suite, parce qu’il y a ce soulagement éprouvé par la population, il y a le fait que les gens ont explosé de joie.

 

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