Kenya : Human Rights Watch décrie la gestion du choc Covid

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Selon l’organisation, les autorités ne sont pas parvenues à concevoir un programme de protection sociale fiable.

Human Rights Watch vient de publier un rapport de 66 pages. Il intitulé : « ‘We Are All Vulnerable Here’:Kenya’s Pandemic Cash Transfer Program Riddled with Irregularities » . Le Président Uhuru Kenyatta a annoncé le 23 mai 2020, qu’il avait alloué 10 milliards de shillings kényans (soit 100 millions de dollars) à une aide spéciale aux foyers vulnérables en réponse à l’impact économique de la pandémie de Covid-19. Human Rights Watch a constaté que la crise sanitaire, a porté un coup sévère aux moyens de subsistance depuis mars 2020. Dès cette période, le premier cas positif au Covid-19 a été détecté au Kenya.

A partir de ce moment-là, le gouvernement a pris des mesures strictes afin de limiter la propagation de la maladie. Les couvre-feux, les mesures de confinement et les restrictions de déplacement ont été adoptés. Des milliers de personnes et de familles, ayant perdu leur seule source de revenus à la suite de fermetures d’entreprise ou de pertes d’emploi, ont été livrées à la famine et l’expulsion potentielle. Human Rights Watch regrette  que le pouvoir de Nairobi ait mis du temps à satisfaire aux besoins des foyers vulnérables. Les autorités ont fini de créer le programme de transfert monétaire.

Prévu pour huit mois, non seulement le programme s’est avéré inadéquat et fugace, mais il a souffert aussi d’un manque de transparence élémentaire. Celui-ci n’indiquait clairement ni les critères d’admissibilité, ni comment les bénéficiaires étaient identifiés, ni pourquoi des milliers de ménages répondant aux critères établis restaient exclus.  D’après Human Rights Watch, les autorités kényanes devraient par ailleurs réaliser une évaluation complète des besoins des ménages vulnérables dans l’ensemble du pays pour veiller à ce que personne ne souffre de la faim.

Et que le soutien fourni soit suffisant pour satisfaire aux besoins essentiels et garantir un niveau de vie adéquat, a déclaré Human Rights Watch. En tant qu’Etat partie au Pacte International Relatif aux Droits Economiques Sociaux et Culturels (PIRDESC), le Kenya a pour obligation d’assurer à chacun et chacune le droit à un niveau de vie suffisant, notamment à de la nourriture et un logement adéquats, ainsi que le droit fondamental d’être à l’abri de la faim et de la malnutrition.

« Les autorités kényanes devraient tirer des enseignements précieux des difficultés rencontrées pour le transfert monétaire pendant la pandémie et chercher à établir des mesures d’intervention d’urgence à long terme. Elles devraient prendre des actions concrètes pour faire en sorte que, tant que les mesures de confinement d’urgence restent en vigueur, les ménages vulnérables, notamment ceux vivant dans les habitats informels de Nairobi, puissent s’acheter des denrées essentielles, payer un loyer et acquitter d’autres dépenses nécessaires à la jouissance de leurs droits humains, » a déclaré Otsieno Namwaya.

 

 

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