Cameroun : Camus Mimb dénonce l’attitude de la FIFA

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Dans la sortie du 02 mars 2021, l’expert analyste des questions de sport affirme qu’il est difficile pour un ressortissant de l’Afrique australe sans le soutien de la FIFA ou autres de gagner par l’élection.

CAF: SOURIEZ MESSIEURS ! VOUS ÊTES FILMÉS…

Après la Conférence de Berlin (1884-1885), qui avait consacré le partage de l’Afrique sous la férule de Bismarck et 14 gouvernements européens, il y a eu des réveils nationalistes plus tard, qui ne comprenaient pas, qu’on décide du sort de l’Afrique sans les africains. Cette phrase célèbre de Nelson Mandela, résumera à elle seule, le malaise né de cette frustration : “Ce qui est fait pour moi, sans moi, est contre moi”. Les puissances impérialistes ont compris que désormais donc, il fallait maquiller la malice et la manœuvre, réunir les africains pour leur faire des dictées préparées,  pour faire correct et masquer le jeu. La résolution des conflits en Afrique a très bien épousé cette logique qui consiste à trouver des “solutions ” toutes faites, qui sont portées par les africains eux-mêmes, qui n’y comprennent rien, ou n’en sont pas convaincus. Mais ne résistent pas à la tentation de croire que c’est leur façon de rentrer dans l’histoire…

Toute la presse africaine, à relayé une réunion informelle, mais stratégique à Rabat au Maroc, où se serait décidé il y a quelques jours, le sort de la gestion de la Caf. La FIFA à la manœuvre,  a changé de tactique en cours de match. Acculée et soupçonnée d’être en lune de miel avec un candidat pour la présidence de la CAF, notamment le Mauritanien Ahmed Yahya, elle a modifié son système de jeu, en demandant aux équipes d’abandonner la compétition, pour désigner un champion par consensus. Inédit dans l’histoire des compétitions sportives. Le problème, c’est que les équipes elles-mêmes symbolisées par les différents candidats, par peur, par absence de vision ou par manque de stratégie, semblent accepter l’idée du consensus.

Cela prouve, au-delà du tutorat de la FIFA que tout le monde pointe du doigt, que les candidats n’ont pour vision pour le football africain que leur représentation au sein de l’instance du football africain. Quel joueur qui a pour ambition de gagner le Ballon d’Or, de terminer meilleur buteur de la saison, et qui a le talent pour, peut accepter d’être remplaçant dans une autre équipe, sans l’assurance que celui à qui on donne le statut de titulaire est meilleur que lui? Soit il est réaliste et il sait qu’il n’avait pas le talent pour ses ambitions, soit il est con. Dans un cas comme dans l’autre, il manque de personnalité et d’honnêteté. Moi qui croyait qu’après avoir développé le football Mauritanien et présenté partout comme un modèle, l’ambition de Ahmed Yahya était légitime. Moi qui pensait que Augustin Senghor est l’un des dirigeants de football en Afrique des plus cohérents et plus honnêtes ,qui apporterait à la CAF le vent de pureté et de fraîcheur qui l’éloignerait un peu du traumatisme de corruption qui fait du football mondial un patient permanent…Moi qui croyait que Jacques Anouma, qui à l’époque avait voulu challenger Issa Hayatou,était enfin prêt pour le grand saut…Ne me faites pas croire, que c’était juste pour être chacun un second couteau !

Mon propos n’est pas de dire que Patrice Patrice Motsepe, le Sud africain et illustre Président de Mamelodies Sundouns n’a pas les capacités, mais que chacun aille à la bataille, avec ses convictions, quitte à mourir avec ses idées. Et puis que vient chercher la 10ème fortune africaine dans le contraignant costume de Président de la CAF? D’aucuns me répondront l’assurance d’être éloigné des appétits de gain qui suivent les responsables de la CAF. Moi je dirai, un homme occupé par ses multiples affaires, qui laisserait facilement la main aux forces de l’ombre qui s’agitent d’administrer la CAF. Parce qu’il faut être clair, dans la configuration des 54 fédérations nationales africaines, il est difficile pour un ressortissant de l’Afrique australe sans le soutien de la FIFA ou autres de gagner par l’élection, la Présidence de la CAF. Les blocs formés par le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest et du Centre, sont plus forts et plus nombreux, et c’est naturellement qu’ils imposent leur rythme depuis des décennies à la CAF. Ce n’est pas l’ambition qui avait manqué à l’époque à Dany Jordan, le puissant Président de l’organisation de la Coupe du monde en 2010 en Afrique du Sud. Mais la réalité de ces blocs l’avait ramené sur terre.

En voyant donc tout se qui se trame, on peut dire, que d’autres ambitieux ont eu tort de ne pas se jeter à l’eau de cette élection. La stratégie du consensus vers laquelle on fonce, aurait pu faire espérer n’importe quoi à n’importe qui. Le 12 mars prochain, montrez nous au moins, que vos idées portent les couilles pour le développement du football africain, au lieu d’accepter cette sodomie publique sponsorisée par les dentifrices qui vous oblige à sourire malgré tout.


Martin Camus MIMB
Expert Analyste des questions de sport

 

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