Tchad : 1.200 soldats dans la zone des trois frontières

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L’annonce a été faite le 15 février 2021 à Ndjamena par le Président Déby, en marge du Sommet du G5 Sahel.

Selon le tweet du Chef de l’Etat tchadien, l’envoi de 1.200 soldats dans la zone dite des trois frontières, un périmètre situé entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso est destinée à la lutte contre les jihadistes. L’armée nationale tchadienne est la dénomination de la dénomination de l’armée gouvernementale du Tchad,  fondée en 1960 à la suite de l’indépendance du pays vis-à-vis de la France. Elle est constituée des forces terrestres, d’une gendarmerie et d’une force aérienne. En 2011, ses effectifs s’élevaient à environ 36.000 hommes tous corps confondus.

Selon International Crisis Group, l’armée tchadienne, souvent sollicitée par ses voisins et les partenaires occidentaux, est une pièce maitresse du dispositif contre le terrorisme au Sahel. Mais sa cohésion générale est faible. Les tensions communautaires et les problèmes d’indiscipline y sont récurrents et, plus récemment, de nouvelles dissensions ont émergé en son sein. Longtemps considéré comme un pays pauvre sans réelle influence régionale et en proie à des rébellions, le Tchad a pris une stature nouvelle au cours de la décennie écoulée. Il doit ce regain d’influence à sa capacité à déployer son armée. Les Tchadiens combattent les mouvements jihadistes au Sahel et au Lac Tchad.

Devenu un acteur militaire incontournable dans la lutte contre le terrorisme, le pouvoir tchadien a joué la carte de la diplomatie militaire et consolidé son alliance politique et son partenariat sécuritaire avec les pays occidentaux, notamment la France et les Etats-Unis. Si l’armée est conquérante à l’étranger, elle est loin d’être un facteur d’unité nationale sur son territoire. La volonté affichée par Idriss Déby à son arrivée au pouvoir en 1990, de créer une armée nationale et professionnelle ne s’est jamais concrétisée. Au cours des 30 dernières années, les autorités ont certes mené plusieurs réformes au sein de l’armée tchadienne.

Mais aucune n’a permis une réelle restructuration des forces de sécurité et de défense, qui demeurent organisées sur des bases communautaires. Par ailleurs, l’absence de méritocratie ainsi que le fossé entre troupes d’élite (dirigées essentiellement par des membres de la communauté du président) mieux formées, mieux équipées, mieux rémunérées et le reste des soldats, nettement moins considérés par le pouvoir, sape la cohésion de l’armée. Cette situation provoque un fort sentiment d’injustice et la frustration de nombreux soldats.

 

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