Guinée : Au moins 04 opposants morts en détention

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Dans son communiqué du 02 février 2021, Amnesty International interpelle les autorités guinéennes.

D’après l’organisation, quatre personnes sont mortes en deux mois dont trois militants ou sympathisants de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG). Elles étaient en détention provisoire à la prison centrale de Conakry la capitale. Elles ont été arrêtées dans le cadre de la contestation du référendum constitutionnel et des résultats de l’élection présidentielle en mars et octobre derniers. Amnesty International demande aux autorités guinéennes de faire la lumière sur les conditions de la mort en détention.

Le pouvoir de Conakry est invité aussi à mettre fin à la vague d’arrestations ciblant depuis la publication des résultats de l’élection présidentielle d’octobre, au moins 400 militants de l’opposition et de membres de la société civile dans tout le pays. « Ces personnes sont décédées alors qu’elles étaient détenues dans des prisons qui sont de notoriété publique des mouroirs où les règles du droit international pour le traitement des détenus ne sont pas appliquées, » a déclaré Fabien Offner, Chercheur sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International.

De l’avis d’Offner, conclure à des décès naturels sans faire d’enquête approfondie, et n’autoriser la libération ou l’hospitalisation des détenus que quand leurs cas sont désespérés, comme le font les autorités, témoigne d’un profond mépris pour la vie humaine, et d’une indifférence totale à la déshumanisation des lieux de détention dans le pays. Les autorités doivent faire la lumière sur les circonstances de ces morts en détention et améliorer de toute urgence les conditions de détention.

Les conditions de détention sont en flagrante violation avec les standards minimum requis par le droit international, notamment tels qu’édictés par la Commission africaine des droits de l’Homme et des Peuples dans les lignes directrices dites de Robben Island. Les témoignages recueillis par Amnesty International auprès de parents de détenus décédés et d’ex-détenus montrent que les autorités guinéennes ne respectent pas les standards internationaux en matière de protection des droits des détenus.

Par exemple, à la prison centrale de Conakry, construite pour une capacité de 300 personnes environ, un seul médecin sur place est censé s’occuper de près de 2.000 détenus. Des délégués d’Amnesty International se sont rendus quatre fois entre 2015 et 2019 à la prison centrale de Conakry. L’organisation a recueilli le témoignage d’un militant de l’UFDG détenu à la prison centrale de Conakry à la fin de l’année 2020.

« On se couche les uns sur les autres, la nourriture arrive déjà pourrie. Les prisonniers font leurs besoins les uns à côté des autres… Un jeune est là-bas depuis six mois, arrêté seulement parce qu’il dansait dans la rue sur des musiques qui faisaient l’éloge de Cellou Dalein Diallo… Il n’y a pas d’infirmerie, c’est seulement une inscription sur une porte. Un seul médecin vient pour tous ces détenus. Quand les gens se révoltent, on les envoie à l’hôpital Ignace Deen, » a lancé le membre de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée.

 

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