Guinée : Human Ritghs Watch demande de punir les auteurs des violences

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Protesters confornt the army in the streets in Conakry on March 22, 2020, during a constitutional referendum in the country. - Guinean President Alpha Condé assured on March 21, 2020, that the constitutional referendum and legislative elections scheduled for March 22, 2020, in Guinea will be held "in a calm and transparent manner", despite the deadly protests of the opposition for whom these consultations pave the way for a third term of office for the Guinean leader. (Photo by CELLOU BINANI / AFP)

Selon l’ONG, les autorités guinéennes devraient ouvrir des enquêtes sur l’usage excessif de la force durant la période post électorale.

Dans son communiqué du 19 novembre 2020, Human Rights Watch déclare que la période postélectorale en Guinée a été entachée de violences et d’actions répressives. Celles-ci ont fait au moins 12 morts. A la suite du scrutin présidentiel du 18 octobre 2020, les forces de sécurité ont recouru à une force excessive pour disperser les manifestations de l’opposition à Conakry. Le principal candidat de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, a été assigné à résidence de facto, en l’absence d’inculpation, du 20 au 28 octobre 2020. L’un des principaux organes d’information en ligne de Guinée a été suspendu du 18 octobre au 02 novembre dernier.

Les réseaux Internet et téléphonique ont été gravement perturbés voire suspendus entre le 23 et le 27 octobre 2020. Ces mesures ont entravé la capacité des habitants à communiquer, à obtenir des informations ou à rendre compte des événements en cours. « Les actions brutales menées contre des manifestants et d’autres personnes à Conakry se sont inscrites dans un contexte de répression généralisée qui a fragilisé la crédibilité des élections », a déclaré Llaria Allegrozzi.

Selon la Chercheuse Senior sur l’Afrique Centrale à Human Rights Watch, les autorités devraient maitriser les forces de sécurité, enquêter sur les individus impliqués dans des exactions et les sanctionner, et tous les dirigeants politiques devraient demander d’urgence à leurs partisans de s’abstenir de toute violence. Certains manifestants ont agressé. Ils ont jeté des pierres et d’autres projectiles sur la police et les gendarmes, tuant au moins six membres des forces de sécurité, selon le gouvernement. Une personne est décédée lors de violences intercommunautaires, tandis que des dizaines d’autres ont été blessées dans des heurts dans la capitale, dont au moins 29 par les forces de sécurité qui ont ouvert le feu ou lancé des grenades lacrymogènes.

Le 24 octobre, la commission électorale a annoncé que le président sortant Alpha Condé avait remporté  l’élection avec 59,5 % des voix.  Ce qui lui a permis d’entamer un troisième mandat controversé. Diallo, qui avait annoncé le 19 octobre 2020 avoir remporté l’élection, a rejeté a les résultats officiels, exprimant des allégations de fraude électorale et appelant à des manifestations massives. Le 30 octobre, il a présenté un recours devant la cour constitutionnelle du pays. Le 07 novembre dernier, cette juridiction a toutefois confirmé la victoire d’Alpha Condé, rejetant les allégations de fraude, et Diallo a depuis appelé à de nouvelles manifestations et à la désobéissance civile.

Entre le 17 octobre et le 13 novembre 2020, Human Rights Watch a mené des entretiens téléphoniques avec 70 personnes, dont 32 victimes et témoins de violences, 15 proches des victimes, trois travailleurs médicaux, trois journalistes, 10 membres de partis d’opposition, cinq représentants de la société civile et deux représentants des autorités locales de Conakry. Human Rights Watch a également examiné des déclarations du gouvernement et analysé des photographies et des vidéos en vue de corroborer les récits des victimes et des témoins. Le 27 octobre, Human Rights Watch a transmis ses conclusions à Albert Damatang Camara, le Ministre de la Sécurité et de la Protection Civile, lui demandant de répondre à des questions spécifiques lors d’un entretien téléphonique.

Le Ministre Camara a rejeté l’allégation selon laquelle les forces de sécurité auraient tué des personnes, arguant que « beaucoup ont été tuées par des balles tirées par des fusils de calibre 12, des fusils de chasse, qui ne sont pas utilisés par nos forces de sécurité ». Il a déclaré que « 21 personnes sont mortes depuis le 19 octobre dans des violences postélectorales, dont six membres des forces de sécurité et trois enfants, dont le plus jeune avait 14 ans ». Il a ajouté que 18 des 21 victimes étaient mortes à Conakry, et les autres ailleurs dans le pays, et qu’au moins 18 des victimes avaient été abattues.

 

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