Cameroun : HRW signale des violences en zone anglophone avant les élections 2020

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Selon l’Organisation Non Gouvernementale Human Rights Watch, il faut ouvrir une enquête sur les abus et garantir la justice.

De l’avis de Human Rights Watch, les séparatistes armés dans les régions anglophones du Cameroun ont enlevé plus d’une centaine de personnes. Ils ont incendié des biens et menacé des électeurs dans la période précédant les élections du 09 février 2020. Les forces de sécurité n’ont pas suffisamment protégé les civils des menaces posées par les séparatistes. Mais ces derniers ont plutôt commis de nouveaux abus à leur encontre au cours de la même période.

D’après Lewis Mudge, Directeur pour l’Afrique Centrale chez Human Rights Watch, le gouvernement du Cameroun devrait veiller à ce que ses forces de sécurité donnent la primauté aux civils, en mettant un terme à leurs violations, en accordant la priorité à la protection des civils et en tenant les auteurs d’abus pour responsables de leurs actes.
Human Rights Watch a interrogé 55 victimes et témoins de crimes commis par des séparatistes armés et les forces gouvernementales depuis que les élections ont été annoncées en novembre 2019, ainsi que des membres des partis d’opposition, des candidats et d’autres résidents des régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Human Rights Watch a également analysé des images satellites et des séquences vidéo pour corroborer de manière indépendante certains témoignages.

Les séparatistes armés s’en sont pris aux personnes souhaitant participer aux élections législatives et municipales, que ce soit en tant que candidats, fonctionnaires électoraux, activistes ou citoyens. Parmi les personnes ciblées, ont figuré des membres et des partisans du parti du Front Social Démocrate (Social Democratic Front, SDF), que les séparatistes accusent de ne pas être solidaires de leur cause. Des séparatistes ont incendié au moins trois bureaux de Elections Cameroon (ELECAM), l’organe électoral national, à Misaje, dans la région du Nord-Ouest, le 07 janvier 2020 ; à Babessi, région du Nord-Ouest, le 16 janvier ; et à Tombel, région du Sud-Ouest, le 02 février.

Des séparatistes ont également incendié un bureau de poste où était entreposé du matériel électoral à Bafut, dans la région du Nord-Ouest, à la veille des élections, ainsi qu’au moins sept maisons appartenant à des représentants du gouvernement et à des candidats dans diverses localités de la région du Nord-Ouest, depuis novembre 2019. Plutôt que de protéger les civils contre ces attaques, les forces gouvernementales ont commis elles-mêmes des violations à leur encontre. Entre le 17 et le 20 janvier 2020, les forces de sécurité ont mené une opération militaire à Bali, dans la région du Nord-Ouest, détruisant plus de 50 maisons et tuant plusieurs civils, dont deux hommes présentant une incapacité intellectuelle.

Les affrontements entre séparatistes armés et forces gouvernementales, ainsi qu’entre factions séparatistes rivales, ont fait des morts parmi les civils, des personnes ayant été tuées délibérément ou prises entre deux feux. Plusieurs dizaines de personnes au moins ont été tuées dans de nombreux incidents depuis novembre 2019, selon ce qu’il ressort de l’examen de rapports crédibles des médias, de documents produits par certaines agences des Nations Unies et des recherches de Human Rights Watch. Cependant, en l’absence de mécanisme officiel de surveillance du nombre de civils tués au cours de la crise, la confirmation fiable du nombre de personnes tuées, des circonstances entourant leur mort et des auteurs présumés demeure difficile.

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