Cameroun : Cyprien Bamzok Ntol dresse le bilan de la MIRAP

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Dans une interview accordée à Afrilao.com, l’administrateur de la Mission de Régulation des Approvisionnements des Produits de Grande Consommation (MIRAP) fait le bilan de la structure qu’il coordonne et dévoile les actions à mener.

A l’ occasion des fêtes de fin d’années la MIRAP a été en mode séduction pour faciliter la vie des populations. Pouvez-vous présenter de façon brève, ce qu’est la MIRAP ?
La MIRAP c’est la mission de régulation des approvisionnements des produits de grande consommation. C’est une structure d’achat, de stockage des produits de grandes consommations. Parmi les missions qui ont été déclinées dans le décret, nous avons mis en place des outils opérationnels pour faciliter les approvisionnements en produits de grandes consommations aux consommateurs, notamment des marchés, foires dans les villes de Yaoundé et Douala. C’est des occasions que la MIRAP offre aux consommateurs pour pouvoir s’approvisionner sur les marchés dans ces villes de mercredi à samedi. Nous avons également à la fin de chaque mois, ce que nous appelons des marchés témoins, périodiques, ce sont des manifestations commerciales qui se déroulent pendant deux à trois jours parfois à quatre jours à la fin de chaque mois entre le 25 et le 30, c’est pratiquement la période où la plupart des salariés entrent en possession de leurs rémunérations.
Alors, la MIRAP organise dans les chefs-lieux des régions, un certain nombre de cercle de département, dont ces occasions pour que les consommateurs puissent s’approvisionner. C’est un travail qui se fait tout le long de l’année qui affiche un bilan toutefois satisfaisant, parce que depuis 2012 jusqu’à 2018 nous enregistrons près de 1300 organisations de producteurs qui au moins une fois approvisionnent les marchés MIRAP, pour un niveau d’approvisionnement de presque 100.000 tonnes. Et, ces organisations de producteurs ont pu tirer des activités de la MIRAP, un chiffre d’affaire qui vacille autour de 27 milliards FCFA. Lorsqu’on fait un sondage auprès de ces derniers, on comprend que cet argent leur permet de payer la scolarité des enfants, d’améliorer leur habitat en milieu rural, leur productivité agricole et d’une manière générale, leur cadre de vie.
Du côté des bénéficiaires directs des activités de la MIRAP, notamment les consommateurs, vous avez une réduction pratiquement du coût du panier de la ménagère qui va de 10 à 15%. Sur le plan national, les activités de la MIRAP permettent de contenir l’inflation des produits de grande consommationset également d’épurer un peu le circuit de commercialisation. Le modèle que nous avons choisi à savoir celui de faire que le producteur vienne sur le marché, pour proposer son produit nous permet de réduire le nombre d’intervenants qu’il y a dans la chaine, de manière à ce que sur le marché MIRAP, les produits se vendent à des prix qui défient toute de concurrence. Depuis 2018, la MIRAP a ouvert des magasins témoins de vente à Garoua, Maroua, Ngaoundéré, Bertoua et Ebolowa. Ce sont des structures permanentes qui permettent du mercredi au samedi de la semaine aux consommateurs de ces différentes localités d’avoir accès à des produits à des prix MIRAP comme on le dit souvent à des produits de grandes consommations. Ce qu’on peut faire dans le cadre des fêtes de fin d’année, c’est de revoir les horaires d’ouvertures des magasins, d’augmenter le nombre d’interventions pendant cette période.

En amont dans le cadre des fêtes de fin d’années, quelles ont été les actions entreprises par la MIRAP en faveur de l’adhésion des populations aux activités de celle-ci?
Disons d’abord que les populations ne découvrent pas la MIRAP aujourd’hui. Les gens sont déjà formater que pendant la période des fêtes, la meilleure offre en produits de grande consommation, ce sont les magasins témoins de vente MIRAP. Il y a une grande affluence. Parfois mes collaborateurs sur le terrain sont obligés de faire appel à la police pour essayer de maintenir un peu l’ordre. Hormis les consommateurs, même les producteurs partenaires de la MIRAP qui tirent des revenus substantiels de cette activité savent qu’en fin d’année ils peuvent venir avec 3 tonnes, cela fait qu’au niveau des approvisionnements il y a un boom qui vient des producteurs.
C’est une activité qui est suffisamment connue, beaucoup de consommateurs l’intègrent dans leur quotidien, y compris les organisations qui de plus en plus frappent à nos portes pour approvisionner les marches. Il faut dire qu’au départ ce n’était pas évident, mais avec le temps, toutes les parties concernées trouvent leur compte. Ce qui fait qu’aujourd’hui, nous avons atteint une zone d’équilibre. Et la visibilité de la MIRAP ne fait plus l’ombre d’aucun doute.

Maintenant qu’on a un bilan satisfaisant, quelles sont les perspectives de la MIRAP pour les jours à venir ?
C’est déjà que nous continuons à œuvrer auprès des autorités compétentes en matière de gestion foncière pour qu’on nous trouve des sites où nous pouvons implanter des magasins. Nous ne l’avons pas encore fait à Bafoussam, Bamenda, Buea et à Douala. Notre souhait ce serait qu’on ait des sites pour pouvoir implanter des magasins témoins de vente. Dès lors qu’il y a un site, nous implantons des magasins. Quand ce n’est le cas, ce que nous faisons c’est de continuer avec l’ancien modèle c’est-à-dire le marché témoin périodique. Par contre ailleurs où les magasins sont déjà ouverts, l’action qu’il faut mener c’est d’aller vers les sociétés de production, les jeunes entrepreneurs agro-pastoraux pour leur indiquer que la MIRAP leur offre une opportunité exceptionnelle de commercialisation de leurs produits. Vous savez que tout producteur qui a l’assurance d’un débouché, est un homme heureux.

Quel est le message que vous lancez aux Camerounais et aux consommateurs ?
C’est un message pour les rassurer que les pouvoirs publics sont préoccupés par leurs attentes qui sont exprimées par les populations et les consommateurs. Et que des efforts énormes qui sont faits pour leur apporter satisfaction. En ce qui concerne la MIRAP, nous avons pour slogan de rester toujours au service du consommateur. C’est aux consommateurs de nous faire part de leurs desiderata et à nous de nous mettre à l’œuvre pour satisfaire ces desiderata.

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