Cameroun : Amnesty exige la condamnation de sept soldats

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Dans un communiqué datant du 26 août 2019, l’ONG de défense et de protection des droits humains demande aux autorités camerounaises, de faire tout ce qui est en leur pouvoir afin que justice soit rendue pour les deux femmes et deux enfants tués de façon effroyable par des soldats.

Sept soldats qui semble-t-il apparaissent dans une vidéo dans laquelle on les voit en train de commettre ces homicides, seront jugés le 27 août 2019. Quand la vidéo a été largement relayée sur Internet début juillet 2018, les autorités camerounaises ont dans un premier temps démenti que ces horribles actes aient été commis par l’armée, déclarant qu’il s’agissait d’une « fausse nouvelle », précise Amnesty International.

L’organisation a révélé des éléments de preuve digne de foi mettant en cause la responsabilité de l’armée camerounaise, et les autorités ont par la suite annoncé que les sept soldats apparaissant dans la vidéo avaient été arrêtés et qu’ils seraient poursuivis en justice. Ces sept soldats doivent être jugés le 27 août devant un Tribunal Militaire à Yaoundé, la capitale du pays, pour « coaction d’assassinat, violation de consignes, complicité desdits faits ».

Selon Samira Daoud, Directrice Régionale Adjointe pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique Centrale à Amnesty International, cette vidéo effroyable attire l’attention sur le fait que dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, les civils sont en proie à des atrocités dans le cadre du combat contre Boko Haram. Les forces de sécurité, qui sont censées protéger les personnes, ont pourtant procédé à des détentions arbitraires et à des exécutions extrajudiciaires.

Amnesty International pense que les autorités camerounaises doivent non seulement établir des limites, mais veiller à ce que les membres de l’armée responsables d’atrocités n’échappent pas à la justice. De l’avis d’Amnesty, le procès est une avancée en direction de la justice et des réparations pour les victimes et leurs proches. Les autorités doivent veiller à ce que les personnes ayant commis des crimes contre des civils soient livrées à la justice.

Amnesty International déclaré avoir analysé la vidéo des soldats tuant deux femmes et leurs enfants dès qu’elle a été largement diffusée sur Internet, en juillet 2018. En se basant sur de multiples indices dont un examen des uniformes et des armes utilisées, des éléments linguistiques et d’autres indices contextuels contenus dans les paroles, qui ont révélé l’identité et le rang des soldats. L’organisation a pu en quelques jours commencer à établir des faits réfutant le discours officiel.

Les preuves tendaient fortement à indiquer que les exécutions extrajudiciaires de civils montrées dans la vidéo avaient été commises par des soldats camerounais. Les recherches effectuées par Amnesty International par la suite ont confirmé cela, et des enquêteurs travaillant à partir d’outils en « open source » c’est-à-dire publics et collaborant sur cette affaire ont pu établir le lieu précis, à côté de la localité de Zelevet, et déterminer que la date était comprise entre fin mars et début avril 2015.

Cette affaire a été immortalisée dans un documentaire de septembre 2018 de la cellule d’investigation Africa Eye de la BBC, intitulé « Anatomy of a Killing » (Anatomie d’un meurtre). Les forces de sécurité camerounaises jouent un rôle important en défendant les populations menacées par Boko Haram, mais leurs agissements sont trop souvent marqués par des brutalités et de nombreuses violations des droits humains. Amnesty International demande aux autorités de traduire en justice tous les responsables présumés dans le cadre de procès équitables, devant des juridictions civiles de droit commun et sans recours à la peine de mort.

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