Cameroun : 162.471.828.583 FCFA déjà avalés dans la lutte contre le paludisme

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Des acteurs de la lutte s’interrogent sur la grosse dépendance du pays du Président Paul Biya vis-à-vis des financements extérieurs.

D’après des chiffres récoltés sur le financement de la lutte contre le Paludisme au Cameroun, le Fonds Mondial a déjà octroyé 291.891.900 de dollars américains. En y ajoutant 12.562.448 de dollars qui a également servi à la recherche sur la maladie depuis 14 ans aujourd’hui soit de 2004 à 2018, le total encaissé par le Cameroun s’élève à 304.454.348 dollars. En convertissant avec la parité du dollar USA en ce moment, le financement total devrait s’élever à 178.477.248.444,76 FCFA. Un montant perçu après 5 participations à la reconstitution des ressources organisée par le Fonds Mondial.

Le montant de 162.471.828 583 FCFA évoqué dans l’enquête a tient compte des parités des années de perception à savoir 2004 (14 665 230 254 FCFA avec un taux du dollar s’élevant à 493,423349), 2009 (3.930.049.700 FCFA avec un taux du dollar s’élevant à 435,157888), 2011 (35 672 189 203 FCFA avec un taux du dollar s’élevant à 486,182182), 2015 (65 742 141 163 FCFA avec un taux du dollar s’élevant à 618, 827358) et 2018 (42 462 218 263 FCFA avec un taux du dollar s’élevant à 577, 477771).

291 891 900 de dollars engloutis pour de piètres résultats

Au moment où le Cameroun se prépare à prendre part à la Conférence des Donateurs d’octobre 2019 à Lyon en France, la politique d’éradication du paludisme reste la même sans pour autant drastiquement modifier la courbe fatale de la mortalité due à cette maladie. Selon les chiffres publiés par le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP), le taux de possession des MILDA par ménage est passé de 65,6% en 2013 à 76,6% en 2017. Ce qui a permis de diminuer les infections dans les ménages.

Mais si le taux de mortalité du paludisme a diminué au sein de la population, cela a été dû à une augmentation importante de la cagnotte reversée au Cameroun. D’après nos recherches, en 2011, le Cameroun a reçu 73.372.062 de dollars. Soit 35.672.189.203 FCFA pour la période de 2011 à 2015. En 2015, la cagnotte dédiée à la lutte contre le paludisme a été de 106.236.643 dollars (65.742.141 163 FCFA), soit une augmentation de 32.864.581 de dollars US par rapport à 2011. En 2018, le Cameroun dans sa première phase de lutte contre le paludisme pour la période 2017-2023 a déjà récolté 73.530.481 dollars US. Presque le même montant qu’en 2011.

A ce jour, et d’après le plaidoyer fait par les autorités en charge de la recherche des financements, le gap reste important et le montant attendu pour le combler s’élève à 17,2 milliards de FCFA. Le total attendu devant s’élever à 59.662.218.263 FCFA loin des 65.742.141.163 FCFA pour un gap de 6.079.922.900 FCFA. A-t-on exclu dans les prévisions la zone anglophone ? la question reste entière et les prévisions posent des interrogations.

Le rendez-vous crucial de Lyon en France

Le 17 avril 2019, un appel à la levée de fonds a été lancé par la France, partenaire du Cameroun, dans la recherche des financements pour la lutte contre le paludisme, la tuberculose et le Sida. Cette journée sensibilisation et de plaidoyer visait à plaider pour une accélération de la lutte contre l’épidémie au Cameroun car depuis 2000, 7 millions de personnes sont menacées par la maladie.

Conscients des enjeux et défis à relever, la soirée a permis de découvrir les nombreuses stratégies mises sur pied par les experts afin de diminuer voire éradiquer le paludisme au Cameroun. La France qui accueillera la sixième conférence de reconstitution des ressources du Fonds Mondial à Lyon, le 10 octobre prochain, était aux côtés du Cameroun.

D’après des prévisions de financement, le rendez-vous de Paris reste un espoir certain pour le Fonds Mondial et la lutte contre le Paludisme, le Sida et la Tuberculose. Dans le cadre de sa 6e reconstitution des ressources, elle compte mobiliser au minimum 14 milliards de dollars. Un montant nettement en hausse de 1,8 milliard par rapport à la 5e reconstitution qui avait permis de mobiliser 12,2 milliards de dollars US.

Un espoir dans l’espace

Au Cameroun, si l’essentiel des activités effectuées sur le terrain consiste à distribuer des moustiquaires à la population et mener une campagne très serrée de chimioprévention dans le Nord et l’Extrême Nord, avec des résultats qui ont été probants certaines années, il n’en demeure pas moins de noter une obsolescence due à la fin du programme car en 2018, la nombre de cas est redevenu croissant. Avec 2.133.523 cas, la politique gouvernementale de lutte contre le paludisme aura démontré ses failles et ses insuffisances.

D’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 70% des cas seulement ont été évités entre 2000 et 2015 dans le monde entier. Un chiffre resté en deçà des prévisions qui était de 85%. Toujours d’après l’OMS, l’on a signalé 2 millions de cas de plus qu’en 2016. Malgré cette alarme, l’OMS vient de valider et d’homologuer le Mosquirix. D’après le journal Lemonde.fr, « Baptisé Mosquirix ou RATS, S, ce vaccin a été conçu en 1987 par des chercheurs du géant pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline.

Développé en partenariat avec l’organisation humanitaire PATH, qui a lancé l’initiative vaccin contre le paludisme, le Mosquirix est destiné aux enfants âgés de 6 semaines à 17 mois, pour lutter contre le paludisme dû au parasite Plasmodium falciparum, la forme la plus fréquente et la plus sévère de la maladie. ». Mais alors, d’autres informations font état de ce qu’après 12 mois d’administration de ce vaccin, son action positive, pour la protection des enfants âgé de 5 à 17 mois ou encore de ceux âgés de 6 à 12 semaines, baisserait.

A l’heure actuelle et malgré cette découverte, l’on déduit que ce vaccin ne devrait enlever la poursuite des mesures préventives de lutte contre le paludisme à savoir : « l’élimination des facteurs favorisant la prolifération des moustiques aux alentours des domiciles, la couche sous une moustiquaire imprégnée, la prise pour les femmes enceintes du TPI3, la chimioprévention, etc. Afin d’atteindre l’objectif de l’éradication du paludisme d’ici 2030, demandé par l’OMS, le chemin est encore parsemé d’embûches.

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