Cameroun : Human Rights Watch accuse l’armée de viols et de tueries

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Dans son dernier rapport sur la crise anglophone, l’Organisation Non Gouvernementale décrit des scènes horribles de violation de droits humains dans la zone anglophone.

Selon Human Rights Watch, les meurtres illégaux et le recours à une force excessive par les forces de sécurité au cours des opérations de sécurité sont courants depuis le début de la crise. Au cours des trois dernières années, les régions anglophones du Cameroun sont empêtrées dans un cycle de violences meurtrières qui 2.000 morts et arraché près d’un demi-million de personne à leurs maisons.  Les forces de sécurité camerounaises ont tué au moins quatre civils et ont violé une femme depuis la mi-juin 2019 au cours d’opérations de sécurité dans la région du Nord-Ouest.

On apprend que les personnes tuées incluent un homme âgé en situation de handicap physique et un jeune homme avec un handicap mental. De l’avis du Directeur pour l’Afrique Centrale à Human Rights Watch, ces récents crimes s’ajoutent à une longue liste d’abus commis par les forces de sécurité camerounaises.  « Au lieu de veiller à ce que la justice soit rendue, les autorités camerounaises nient que leurs forces tuent et violent des personnes. Il est donc essentiel de leur rappeler que le monde les observe, » indique Lewis Mudge.

A en croire le rapport de Human Rights Watch, dans le quartier d’Alachu de la ville de Bamenda, le 10 juillet, des soldats de l’armée de l’air camerounaise, qui est stationnée à proximité, ont tué Nche Otaghie, un homme de 20 ans avec un handicap mental, et Godlove Neba, ouvrier dans le bâtiment, lors d’opérations de sécurité. Fru Benego, un homme âgé de 80 ans, a aussi été tué ce jour-là par une balle perdue pendant des affrontements entre les soldats et des séparatistes armés. Un habitant a vu des soldats entrer dans la maison de Nche Otaghie vers midi.

L’habitant a raconté a : « Les militaires étaient partout, fouillant les maisons et menaçant les personnes. Je les ai vus entrer dans la maison de Nche et j’ai entendu un coup de feu. Lorsque les soldats sont partis, j’ai couru là-bas et j’ai trouvé Nche par terre, à l’extérieur de la maison. Il avait été tué d’une balle dans la poitrine. Nous l’avons recouvert de feuilles de bananier. » D’après Human Rights Watch, le 21 juin, un groupe d’au moins 20 soldats, qui incluait des membres du Bataillon d’intervention rapide (BIR), a tué un homme âgé ayant une mobilité réduite et une déficience auditive, et a violé une femme âgée de 40 ans à Kumbo.

Une victime du viol a raconté : « Cinq soldats sont entrés chez moi, m’ont frappée et m’ont conduite à l’extérieur devant la maison de mes voisins. Ils nous ont demandé à moi et à ma voisine où étaient les “Amba Boys” [séparatistes]. Nous avons répondu que nous ne savions pas, alors ils nous ont frappées. J’ai été frappée au ventre. Un soldat a demandé un préservatif à un collègue et m’a dit d’aller vers les toilettes. Il me suivait avec un fusil. Il a dit : “Si tu cries ou si tu dis quelque chose, je te tue.” Il m’a violée et est parti. Lorsque je suis revenue à la maison, j’ai vu que tout mon argent avait été volé. »

 

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