Cameroun : Le CED revendique le prix du cacao à 2.600 dollars

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Le Centre pour l’Environnement et le Développement (CED) et 49 autres organisations de la société civile et associations autochtones, affichent leurs ambitions à Yaoundé dans un communiqué datant du 15 juillet 2019.

50 organisations de la société civile et associations autochtones au Cameroun demandent au gouvernement camerounais de soutenir le combat, pour un prix plus juste pour les producteurs de cacao. La société civile camerounaise défend les producteurs de cacao et exprime sa solidarité avec la Côte-d’Ivoire et le Ghana en soutenant le nouveau prix plancher proposé par ces pays, soit 2.600 $ / tonne de cacao. Une position commune a été prise en faveur des planteurs camerounais de cacao, pour la reconnaissance de leur droit à un revenu vital, à la dignité, à une vie décente, et au respect de leur travail.

A la mi-juin 2019, la Côte d’Ivoire et le Ghana, pays représentant environ 60% de la production mondiale de cacao, ont annoncé la suspension de la vente de cacao pour la prochaine saison, et demandé un prix plancher de 2.600 dollars / tonne. Cette demande marque un moment historique pour le cacao. Il déterminera le sort de millions de petits producteurs de cacao. L’acceptation de ce prix plancher permettra leur sortie de l’extrême pauvreté. Cette initiative constitue en effet la seule opportunité d’amorcer, à court terme et de manière réaliste,

Opposition de certaines entreprises à l’initiative des 50

La démarche vers la reconnaissance en faveur des petits producteurs africains de cacao du droit à un revenu vital. Le prix de 2.600 $ ne garantit pas encore la juste rémunération du travail des petits producteurs de cacao, mais doit être perçu comme un pas dans la bonne direction, qu’il est impératif de soutenir dans cette phase décisive du combat engagé par la Côte d’Ivoire et le Ghana. Les négociations entre les gouvernements du Ghana et de Côte-d’Ivoire, et les principaux acheteurs de cacao ont échoué le 03 juillet 2019, du fait de réticences d’une partie de l’industrie à admettre la nécessité d’une meilleure rémunération des producteurs.

Mars, Halba, Lindt, Cargill, Uncommon Cacao et de nombreuses autres sociétés chocolatières sont prêtes à payer le prix plancher de 2600 dollars US la tonne de cacao. Ce qui démontre qu’il ne s’agit pas d’une proposition utopique. Quelques entreprises persistent dans leur opposition à cette initiative, préférant la persistance d’un modèle qui maintient les petits exploitants dans une pauvreté extrême, tout en tirant de leur travail des profits extraordinaires. Les entreprises qui rejettent le prix plancher souhaitent voir les agriculteurs supporter seuls le fardeau des fluctuations de prix.

Pas de rémunération pour les cacaoculteurs

Les producteurs gagnent en moyenne moins d’un dollar par jour, pourtant l’industrie du cacao est particulièrement lucrative, et pèse plus de 100 milliards de dollars par an. Les petits producteurs camerounais de cacao sont exposés à la précarité, et sont solidaires du combat de leurs collègues ivoiriens et ghanéens. Georges, producteur de cacao à Esse dans le Centre du Cameroun, déclare : « Nous vivons dans des conditions très difficiles. Ce que nous recevons pour notre production couvre à peine le prix des intrants, et nous n’avons pas de rémunération pour notre travail. »

D’après Georges, le petit producteur de cacao n’a pas de salaire. La participation des producteurs camerounais aux initiatives de protection des forêts et des écosystèmes, ne pourra être pleinement exigée que s’ils disposent d’une rémunération décente de leur travail. Les 50 organisations et associations croient en la défense des personnes et de la planète, des forêts et des agriculteurs. Elles prient les autorités camerounaises de se joindre aux efforts de la Côte d’Ivoire et du Ghana, et de soutenir la demande pour un prix plancher minimum de 2.600 dollars US la tonne de cacao.

Le Gouvernement du Cameroun, l’Office National du Cacao et du Café (ONCC) et la Chambre d’Agriculture devraient prendre une part active aux négociations en cours avec l’industrie chocolatière. Il s’agit d’assurer la protection des droits des agriculteurs et contribuer à la protection des forêts. Le Cameroun devrait faire preuve de la même fermeté que le Ghana et la Côte d’Ivoire, ou encore le Brésil. Au Brésil le prix de la tonne de cacao varie déjà entre 2.500 à 2.850 dollars US la tonne, somme qui va presque entièrement dans les poches des petits producteurs.

Nécessité d’instaurer le prix plancher de 2.600 dollars

Le Cameroun ne doit pas rester à la traine de cette dynamique de la protection des agriculteurs. Le prix « bord de route » payé au producteur au Cameroun reste en dessous de 1.000 FCFA. Ce prix descend parfois jusqu’à 750 FCFA (entre 1,2 et 1,6 dollars). Ce qui ne peut garantir ni une vie décente ni la dignité de ces travailleurs ruraux. Le Cameroun a aussi besoin d’une rémunération au moins égale à 2.600 $ / tonne pour ses agriculteurs, immédiatement. Samuel Nguiffo, Secrétaire Général du Centre pour l’Environnement et le Développement, pense qu’il faut un terme à l’injustice.

De l’avis de Nguiffo, les petits producteurs jouent un rôle de central dans l’alimentation mondiale, et leur dur labeur doit être reconnu, et rémunéré à sa juste valeur. Toutes les organisations signataires de ce communiqué de presse de la société civile camerounaise rejoignent le reste des groupes internationaux de la société civile qui se sont déjà exprimés sur cette question, tels que Mighty Earth et une grande coalition d’ONG ghanéennes, Solidaridad, Oxfam, Fair Trade. Ces organisations demandent de pratiquer le prix plancher de 2.600 dollars.

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