Cameroun : Denis Emilien Atangana déçu de voir le pays sombrer

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Dans un entretien accordé à Afrilao.com, l’ex-leader estudiantin parle du Front des Démocrates Camerounais (FDC) et de la crise anglophone.

Pouvez-vous, vous présenter au grand public ?

Vous savez, le moi est haïssable. Je n’aime pas parler de moi. Ce que je sais c’est que je suis Denis Emilien Atangana  un Africain du Cameroun. Aujourd’hui je suis Président National du FDC. Je suis un ancien leader estudiantin et scolaire.  Je préside également l’association Cercle de Réflexion et d’Action pour le Développement (CERAD). J’ai été candidat aux élections municipales de 2013 .Je suis *Alumni*  des jeunes leaders de la fondation Friedrich Ebert et Alumni du programme Yali du centre régional de leadership  Yali Dakar.

Qu’est-ce qui vous a poussé à fonder le Front des Démocrates Camerounais (FDC)?

Il est utile de préciser que je n’ai pas créé un parti politique. Il s’agit d’un projet collectif. La décision de créer le Front des Démocrates Camerounais vient premièrement du fait que nous avions soif de  sortir les Camerounais des « recettes de l’ancienne technologie » fortement grippée et sclérosée malgré les apparences. Avec le FDC nous voulons moderniser la façon de faire la politique et créer un nouveau climat de confiance entre les Camerounais et la politique.

Le FDC se veut une machine de ressources humaines capables de mobiliser toutes les strates de la société camerounaise. Et notamment les jeunes qui ne veulent plus être un troupeau de moutons oubliés sur le bord de la route après les élections. Au FDC nous pensons qu’il est temps de faire confiance à la jeune génération, de l’écouter , de la promouvoir et lui donner le pouvoir de concevoir le Cameroun de demain correspondant à ses besoins et aspirations.  Notre vision  de faire du Cameroun un véritable havre de paix.  Un grand Cameroun où rêver, travailler, bâtir et réussir sont des droits des devoirs et des aspirations légitimes  pour tout citoyen

Le FDC est un parti politique qui  a pour idéologie la  social-démocratie. Le FDC se veut être avant tout un instrument de mobilisation, d’éducation et de régulation politique qui travaille pour rendre le Cameroun au camerounais. Nous sommes conscients que sans une conscience politique forte et affirmée, Notre pays est perdu et son peuple ne sera qu’un conglomérat d’individus sans repères, sans puissances et sans valeurs.

Quel bilan faites-vous de votre action politique sur le terrain ?

A la création  du Front des Démocrates Camerounais(FDC)  nous nous sommes donnés pour objectif d’être présents sur la scène camerounaise, et jouer un rôle de premier plan dans le processus de changement profond dont notre pays a urgemment  besoin. A court terme,  nous avons décidé d’asseoir notre base, nos organes, notre philosophie et notre présence, dans la pratique de la politique dans notre pays.  Un an après je peux vous rassurer que le bilan est largement positif.  Notre bureau national est effectif et actif. Nous avons aujourd’hui des représentants dans les 10 régions du territoire national.

Nous avons installé des antennes communales du parti à Yaoundé et dans les 9 arrondissements de la Lékié. Dans notre vision sociale, nous avons soutenu  un atelier de formation sur la transformation du Manioc à Monatélé dans le cadre de la journée internationale de la femme.  Plus de 300 femmes ont été formés en vue de leur autonomisation. Dans le cadre des activités marquant la fête nationale, nous avons mobilisé plus 1300 de nos militants pour participer aux défilés du 20 mai 2019. Avec toutes ces activités de terrain en un an seulement,  vous pouvez convenir avec  moi qu’il y a des raisons légitimes pour se féliciter de notre bilan .Il convient de signaler que notre parti est soutenu par les efforts de nos cadres et militants.

Aujourd’hui le FDC est connu sur l’espace public et nos positions sur les questions d’intérêts nationales. C’est l’occasion pour moi en ma qualité de Président National de remercier déjà nos cadres et militants pour leurs engagement et  sacrifices. C’est grâce  à leurs efforts que le FDC bénéfice d’un grand  volume de sympathie et de confiance auprès des Camerounais.

Quel est votre regard sur la crise dite anglophone ?

C’est une déception de voir le pays sombré de cette manière. Plus les jours passent, plus la crise s’enlise. Je suis tenté de poser la question « qu’avons-nous fait pour mériter un tel gouvernement. » Le Cameroun se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins .Nous avons depuis le déclenchement de la crise anglophone proposé au gouvernement de choisir la voie  du dialogue comme réponse de  résolution. Au stade où nous sommes il ne sert plus à rien de se bomber le torse, car pendant ce temps, les caisses se vident, les militaires et les civils  ne font que tomber, les  camerounais croulent sur la misère. C’est une guerre inutile.

Quelles solutions préconisez-vous pour la sortie de crise ?

Comme je l’ai dit seul le dialogue peut régler cette crise. Au FDC nous pensons que le Président de la République doit prendre le bâton de pèlerin et prendre les mesures qui s’imposent dans de telles circonstances pour sortir le Cameroun du gouffre. Le Premier ministre ne peut jouer ce rôle. Il n’a ni l’épaisseur politique qu’il faut et encore moins la légitimité nécessaire pour régler cette crise en lieu et place du président de la république. L’urgence impose un dialogue national inclusif convoqué par le Président la République Paul Biya. Un dialogue national inclusif parce que les conséquences de la crise anglophone dépassent largement le Nord-Ouest et Sud-Ouest.

Cette est devenue  nationale. C’est une aubaine pour faire asseoir les Camerounais et Camerounaises de toutes les sensibilités sociopolitiques afin diagnostiquer le problème Cameroun dans son ensemble et jeter les bases d’une nouvelle République. Toutefois il y a des préalables qui méritent d’être posés pour décrisper le climat socio-politique et apaiser les esprits. Je salue la décision sage  du Président de la République de reporter les élections municipales et législatives en 2020 , il doit aller un peu loin en faisant une amnistie générale des prisonniers politiques. La crise anglophone est une  crise politique seule les solutions et réponses politiques peuvent la guérir.

Parlant du dialogue national inclusif proprement, le FDC pense qu’il faut mettre sur pied un comité préparatoire crédible qui va réfléchir sur  le format, les principes directeurs des assises et des acteurs. Il y a une  question qui  taraude nos esprits au FDC c’est celle de savoir qui va garantir les conclusions issues de ce dialogue lorsqu’on sait que les conclusions issues de la tripartite n’ont pas connu un bel avenir et que le Cameroun sous le pilotage du Président Biya peine à respecter ses engagements  internationaux. Le FDC est ouvert et disponible à apporter sa modeste contribution à la réussite du dialogue national

Comment envisagez-vous l’avenir du Cameroun ?

Je reste positif .Je pense que malgré les multiples crises actuelles qui fragilisent le vivre ensemble. J’ai la certitude que le pays va rebondir.  Nous avons le potentiel pour être une grande nation.  Notre vision au niveau du FDC  est de faire du Cameroun un  havre de paix où rêver travailler et réussir sont des droits des devoirs et des aspirations légitimes pour tout Camerounais. Pour réaliser cette vision le FDC dotera le Cameroun deux éléments essentiels. Notamment un leadership éclairé et la bonne gouvernance dans tous les secteurs.

Quel message à l’endroit du peuple camerounais ?

En tant que citoyen camerounais, je demande à mes frères de prôner la paix bref la non-violence mais surtout de dire non au tribalisme qui prend une ampleur préoccupante dans notre pays jadis fraternel. Que chacun puisse voir son frère comme lui. Le Cameroun est notre mère à tous. Il nous incombe à tous et à toutes, le devoir de le construire.  Je lance aussi  un appel citoyen à l’endroit de tous camerounais et camerounaises

Les inscriptions sur les listes électorales s’achèvent le 31 Août 2019. Pour pouvoir voter aux élections municipales et législatives de février 2020, c’est maintenant qu’il faut s’inscrire sur les listes électorales En janvier 2020, le corps électoral sera déjà convoqué par le Président de la République. Il ne  sera plus possible de s’inscrire sur les listes électorales. J’exhorte donc  chaque compatriote à aller s’inscrire sur les listes électorales dans sa commune d’origine ou de résidence. Ceux qui sont déjà inscrits ailleurs, peuvent simplement se rapprocher d’une antenne communale de sa commune d’origine ou de résidence  et  se faire réinscrire en précisant qu’il s’agit d’une réinscription.

Le FDC prendra part aux élections municipales et législatives de février 2020. C’est pour nous l’occasion de soumettre notre vision du développement local aux Camerounais. Nous voulons changer les manières de construire le développement local et donner une nouvelle image à notre Assemblée nationale.  La vision du  développement local  du FDC est de construire dans chaque commune  les conditions d’épanouissement qui donnent envie de vivre chez soi. Le FDC est conscient que  L’absence de ces conditions est la principale cause de l’exode rural et des propensions migratoires.

Le FDC est ouvert à tous et à toutes. J’invite les jeunes à s’engager politiquement pour ne plus jouer le rôle des herbes dans le combat des éléphants. Nous sommes favorable à investir aux élections municipales et législatives de février 2020 tous ceux et celles qui partagent notre vision du développement local. Je vous remercie pour cette opportunité que vous accordez à ma modeste personne pour présenter le FDC et son bilan un an après sa création.

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