Cameroun : Des mines illégales dans l’Adamaoua et l’Est depuis 2007

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L’information a fusé le 14 juin 2019 à Yaoundé, au cours d’un atelier de validation de l’étude sur la fraude environnementale dans la mine artisanale semi-mécanisée dans le pays.

L’étude intitulée : « Transparence et fraude environnementale dans le secteur minier au Cameroun : Cas de l’exploitation artisanale semi-mécanisée à l’Est et dans l’Adamaoua », a été réalisée par Eric Etoga. Il est Responsable du Programme Industries Extractives à Dynamique Mondiale des Jeunes (DMJ). Le membre de la Coalition Publiez Ce Que vous Payez nous révèle qu’en 2007, il y a eu apparition d’exploitations minières non règlementées dans l’Est et l’Adamaoua.

On parle de fraude environnementale lorsque les lois et règlements sont intentionnellement violés. 98% d’entreprises minières dans les régions de l’Adamaoua et de l’Est sont en infraction. Une flopée de pratiques irresponsables favorise la fraude environnementale. Il y a la non réalisation de l’étude d’impact environnemental, l’usage des produits toxiques sur les sites miniers, les activités dans les cours d’eau, le non acquittement de la caution environnementale etc.

On a remarqué par exemple, la présence du cyanure aux abords du Nguengué où China Mining exerce une activité minière intense. Entre 2012 et 2014, 250 chantiers miniers ont été ouverts et abandonnés. Ces chiffres émanent du FODER. D’après un rapport du Ministère de l’Environnement de la Protection de la Nature et du Développement Durable (MINEPDED), 43 entreprises sur 44 répertoriées n’ont pas réalisé les études d’impact environnemental.

Les incidences environnementales se manifestent par la pollution des cours d’eau, l’empoisonnement de la vie aquatique, la dégradation du relief, l’assèchement des rivières, la perte des essences et espèces fauniques. En 2007, on a enregistré 43 morts à l’Est du fait de l’exploitation minière. A Mbal, on déplore 08 cas d’accident et la mort de 05 enfants entre 2014 et 2017. La fraude environnementale est favorisée entre autres par le manque de communication et l’inaccessibilité aux données.

Selon le CAPAM, l’Etat du Cameroun perd près d’un milliard FCFA par mois à cause des faiblesses institutionnelles. Le nombre d’acteurs faisant dans l’exploitation minière artisanale n’est pas connu. L’étude d’Eric Etoga recommande l’éducation des populations, la publication de la liste des entreprises titulaires des titres miniers, le renforcement des capacités des différents acteurs du secteur minier et la coordination entre les ministères.

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