Cameroun : La police municipale refait surface à Yaoundé

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La levée de suspension a été rendue publique le 06 mai 2019  par arrêté conjoint du Préfet du Mfoundi, Jean Claude Tsila et du Délégué du Gouvernement auprès de la Communauté Urbaine de Yaoundé, Gilbert Tsimi Evouna.

Communément appelé « awara », la police municipale reprend ses activités dans la capitale politique sous l’encadrement de la Sureté Nationale et de la Gendarmerie Nationale. Selon les autorités administratives, ce retour souligne la nécessité d’assainir l’espace urbain. Pour cause, le commerce aux endroits interdits et la présence des motos taxis en ville. La décision du Préfet du Mfoundi sera-t-elle respectée ? Par ailleurs, lors de la levée de suspension, Jean Claude Tsila a rassuré que c’est une nouvelle police municipale qui redescend sur le terrain. Pendant la durée de suspension, ces agents de la police municipale ont été confrontés à une enquête de moralité. Au terme ce processus, les meilleurs ont été retenus pour faire du bon travail sans toutefois être hors la loi.

Dans son arrêté du 13 février 2019 portant suspension d’ « awara » à la suite d’une altercation entre un agent avec un conducteur de moto à Elig Edzoa, le préfet du Mfoundi, Jean Claude Tsila écrivait « la présente mesure est susceptible d’être reconduite si les nécessités s’imposent ». La décision préfectorale a ouvert un boulevard aux commerçants et conducteurs de motos. Ces derniers en ont profité pour créer l’anarchie dans tous les coins de la ville de Yaoundé. Face à cette situation, les avis des populations divergent. Michel Tsafack, vendeur de médicaments trouve important le travail qu’abattent ces agents communaux. « Ils font un bon travail malgré quelques abus. Ils nous obligent à être disciplinés dans les marchés. Leur présence empêche vraiment le désordre, » explique-t-il.

Un chauffeur de taxi exprime son courroux. « Depuis qu’ils ont été suspendus, les motos vont dans tous les sens, plus rien ne leur est interdit de circuler n’importe où,» souligne-t-il. Par contre pour certains, le retour triomphale de la police municipale les rend furieux. Michel Tcoupo, conducteur de moto au carrefour Elig Edzoa où tout a commencé déclare : « Ces gens exagèrent. Ils nous empêchent de nous débrouiller. Même si on leur présents les papiers, ils font tout pour nous mettre en fourrière. »

Pourquoi ce retour précipité ?

D’après le Préfet Jean Claude Tsila, le temps de la suspension de la police municipale dans la ville de Yaoundé s’est révélé être un test, pour voir la capacité de la population dans toutes ses couches à s’autogérer. Car, le verdict des autorités administratives est sans appel. Les syndicats ont fait la démonstration de leur incapacité de s’autogérer. De l’avis de Tsila, la police municipale est importante pour lutter contre l’incivisme et le désordre urbain.

« Nous n’avons pas croisé les bras pendant cette période de suspension. Au niveau du gouvernement, la réflexion a été engagée et le constat est clair. La police municipale est indispensable. Nous sommes arrivés à cette conclusion-là, pour suppléer l’action de la police nationale et de la gendarmerie nationale. Cette police est nécessaire pour mettre de l’ordre dans nos marchés, mais également au niveau de la circulation de la ville, »  souligne Jean Claude Tsila.

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